Crise d'ouverture

Constat 2007 : ouverture, flou et dépassement de limites, puis retour brutal à la réalité

Pendant l'année 2006, en terme d'ouverture de systeme, de nombreuses frontières se sont "diluées", "estompées" (voir Dilution des frontières).

2007 est maintenant bien avancée, et les conséquences de la dilution des frontières, et du flou dans les limites usuellements appliquées, peuvent se constater.

En particulier, en ce début d'automne, c'est un "atterissage dans le concret" qui fait ressortir les flous et excès.

La dillution des frontières s'est jouée à la faveur d'illusions, de flou dans les limites.

Cela a eu des aspects très positifs, en terme de créativité (voir Moteur de créativité).

L'atterisssage dans le concret va probablement être brutal : l'automne 2007 sera probablement assez mouvementé, avec notamment un sens méticuleux du détail, des faits, des limites.

Voici quelques exemples, dans l'actualité, indiquant cette tendance :

  • La coupe du monde de rugby : plaquage au sol... et respect (des limites, de l'arbitre...). Après les abus du cyclisme, quel contraste !
  • Affaires de corruptions en Chines (Carrefour, démission du ministre des finances, ...)
  • Remise en questions des pratiques des acteurs du secteur immobilier ("epinglés" par la DGCCRF)
  • Remise en question des modes de calcul du pouvoir d'achat : méticulosité et recadrage sur les faits. Les dépenses de logements vont probablement passer de la catégorie investissement à celle de consommation. 
  • Et bien entendu, la crise du crédit (dit subprime) : après le flou sur les créances et les risques pris... apparait brutalement les échéances non payées du fait du dépassement des limites, et le besoin d'un comptage méticuleux des actifs et valorisation des fonds d'investissements...   

Une crise de confiance

L'ouverture de nombreux systèmes abouti maintenant à une crise, dont l'axe principal est la confiance :

  • L'ouverture a permis à des systèmes usuellements étrangers les uns des autres, d'interagir ensemble.
  • Elle a permis des espoirs, souvent au delà du réalisme.
  • Le constat des difficultés, trop longtemps ignorées, déclenche des retour brutaux à la réalité
  • La confiance entre les parties, construite sur des bases fragiles, s'écroule

Parmi les exemples, quelques cas flagrants de perte de confiance :

  • Dans les valeurs du sport, pour le cyclisme, et engouement pour un sport encore "pur", comme le rugby
  • Entre les banques et établissement financier, dans la "crise du subprime"

Pour faire un peu d'anticipation, le retour au concret et le souci méticuleux du détail risque d'entrainer un constat d'illusion, et entrainer d'autres crises de confiance.

Je ne serai pas étonné de voir éclater un ou deux gros scandale, liée à une "tromperie" ou un abus de confiance.

Ce qui s'est caché derrière les illusions

L'ouverture des systèmes est un processus perturbant.

Des éléments exterieurs, par leur différence, viennent perturber le fonctionnement du système tel qu'il était avant son ouverture.

Ces évolutions peuvent se faire consciemment, volontairement, voire de gaité de coeur comme on dit.

Cela n'a pas été vraiment le cas dans de nombreuse situations, dont notamment celle de la dite "mondialisation".

Cela s'est fait à la faveur d'illusions, permettant le lacher prises.

Si ce lacher prise est facteur de créativité, favorable en soi, les illusions ont aussi apporté leur lot de soucis.

Elles ont aussi permis à de nombreuses entités (pays, institutions, entreprises, communautés...) de cacher une grosse part des difficultés liées au fonctionnement en système élargi :

  • Retard dans les évolutions de fonctionnement, dans les "réformes à faire"
  • Difficultés à accepter la redistribution des rôles, des souverainetés

Ces soucis pouvaient déjà se voir en 2005, comme évoqué dans cet article : Diversité et solidarité.

Avec un retour au concret, un soin méticuleux dans l'analyse des détails, et des pertes de confiances comme conséquences, alors, les parties cachées vont apparaitre brutalement.

Il semble, malheureusement, que dans ces cas là... le plus dur reste à faire !

Crise économique ?

L'aspect économique n'est qu'un élément des systèmes.

Certes réducteur par rapport à l'humain en général, il a l'avantage, cependant, de représenter l'activité humaine.

Quand on dit que l'économie repose sur la confiance, il y a des soucis à se faire...

C'est à mon sens le prix à payer pour l'évolution.

Voir cette interview très éclairante : Crise économique - Patrick Arthus - Matin France Culture - 27 aout 2007

Les institutions bousculées (2008 ?)

Dans tout système, groupe ou communauté humaine, les institutions sont les garantes du fonctionnement entre les membres.

Elles garantissent notamment la confiance dans l'interaction entre les parties.

La période d'ouverture c'est faite à la faveur d'un flou dans les frontières et les limites.

Elle s'est accompagnée d'illusion, mais aussi d'une redistribution des souverainetés. Certains acteurs ont émergés, d'autres ont perdu leur ascendant.

Dans le prolongement de la crise de confiance, les institutions seront probablement très chahutées.

Leur autorités pourrait être remise en question, et par la même leur légitimité.

Ceci est une conjecture, s'appuyant sur la logique d'ouverture des systèmes et de crise de confiance. Elle ne pourra se constater qu'à partir de 2008...